Mon nom est loïs lane.
Tout est une question de Karma, une bonne action faite vous reviendra forcement dans les dents comme un boomerang. Etre quelqu'un de bien finalement ça ne peut que entrainer de mauvaises choses, voilà ce que m'a appris mon dimanche.
Analepse.
Samedi soir dernier en ascète accomplie je décide de ne pas sortir et de me coucher tôt, resultat je paie mes bonnes resolutions dimanche matin en me reveillant fraiche comme la rosée avec la rosée, justement, hors de question de me lever aussi tôt je traine encore, mais à 8h20 (en fait tout est une question de timing, pas de karma) je subis les assauts d'un chihuahua terrorisé et ceux de tous les oiseaux de la region qui font le pied de grue (ou de canari, ça me fait une belle jambe) devant ma fenêtre en me disant tout le mal qu'ils pensent de moi, en avançant vers celle-ci, et en entendant leurs cris je me sens comme une heroïne hitchockienne, blonde, digne et réalise qu'il faut vraiment que je fasse poser une trape dans ma cheminée, juste au cas où l'histoire se repete, fausse alerte ce n'est pas un remake des oiseaux, juste une foire à tout surprise avec un joli lot de serins bradés (et pour cause).
8h20 : ma bonne conscience me dit de descendre pour deplacer ma voiture; ma mauvaise d'aller me faire un café (karma, karma) il est hyper tôt et j'ai beaucoup trop de temps à meubler dans ce dimanche qui s'annonce très long, je vais donc prendre mon temps, et puis après tout pourquoi ne pas chiner un peu avant d'aller deplacer ma voiture qui est juste devant chez moi, je ne bois pas mon café, grosse erreur il eut été utile, moins cher et meilleur que celui du commissariat.
9h10 je m'ennuie ferme, je m'habille donc, si je puis dire, chevex sales planqués sous un bandeau noir façon heidi, sweat shirt yeoram sultan (un collector et personne ne le sait, c'est desesperant) pantalon noir moulant de fitness et le comble des chaussures de sport, des fouilles archéologiques ont du être entreprises pour que je puisse les retrouver (à leur place dans mon sac de sport, fallait y penser), je descends donc, flane en regardant les poubelles des gens deversées sur les trottoirs et vendues extremement cheres, je passe trois fois devant le stand goth pour faire admirer mon sweat, sans succès, forcement j'ai gardé mon sac du samedi, un lancel noir je suis ridicule, je decide donc de rentrer pour deplacer ma voiture, voire changer de sac.
10h00 je suis bien devant ma voiture, mais ma voiture n'est pas devant moi; super, une activité.
10h20 ma soeur passe me prendre pour m'emmener au commissariat, oui c'est ça la famille, elle me livre à la police, après tout ce que j'ai fait pour elle, la chair de ma chair, les policiers sont charmants je cite "putain mais ils sont tous cons ou quoi, laisser leurs papiers dans la boite à gants, et bah elle va les chercher j'en ai rien à foutre" à ce même moment j'hesite encore entre les mots "gros cons" ou les murs sont tres fins on entend tout" pour renseigner leur opinions qualité posée sous mon nez à l'accueil, ma soeur me suggère les deux mais une fois que l'on aura la main levée, essentielle la famille je vous dis, bon au moins je ne suis pas la seule mauvaise de ma rue, il y a déjà un gars au commissariat.
11h00 de retour au commissariat, je vous passe les détails sur le joli coeur qui fait office de fourriere et qui drague ma soeur, qui lui rend bien. Non, d'ailleurs je ne vous passe aucun détail. Cette fille est incroyable, elle n'a rien retenu de mes leçons et a des techniques bien à elle, on ne peut pas la laisser 5 minutes quelque part, et ceci tout en etant à côté et en ne voyant rien, sans qu'elle reparte avec 15 numéros de portables, elle est le houdini de la drague, c'est une allumeuse, sur son front il y a marqué "y'a moyen tente ta chance", elle est indecente et tellement fraiche à la fois, une heroine de john irving dans toute sa splendeur (oui c'est elle qui a eu l'option nichon de la famille, et elle s'est reservi deux fois, normal j'en avais laissé plein) mais là ça me fait d'autant plus sourire, interieurement, qu'elle est super amoureuse de son chéri, avec qui elle a acheté une maison, et surtout avec qui elle a mis en route un bébé il y a trois mois, rien ne se voit si ce n'est les nichons qui ont décidé que 95D c'etait trop serré, du E ça serait mieux.
11h00 Donc au commissariat, entre un bobo qui semble perdu à la campagne et qui lui aussi reclamen sa voiture, une bm, sans en avoir les papiers, qui bien sûr, comme pour TOUT LE MONDE, sont dans la boite à gants, en coeur nous lui proposons, le regard lubrique, de le deposer à la fourrière.
12h30 je suis seule avec le bo bobo dans ma voiture devant le commissariat, et là humainement je me dis depose le et va profiter de ta journée, mais ma bonne conscience me dit que c'est pas très sympa de le laisser retourner à pieds à la fourrière chercher sa voiture, lui rendre service c'est de l'attendre et de l'y emmener, j'hesite à partir, et finalement decide de faire ma bonne action jusqu'au bout et pas à moitié. De retour à la fourrière il me remercie et me propose de m'offrir un café dans la rue pour me remercier, c'est bon je refuse toujours les cafés, je commence à trouver une issue, et puis merde, soyons fous je le merite ce café, j'accepte donc.Je suis sur une pente glissante, savonnée par ma soeur.
16h00 oui je ne suis pas bonne bonne sur mon timing, mais c'etait l'heure sur ma montre, je quitte le café après avoir discuté pendant des heures de nos jobs pas assez remunerateurs, de la difficulté de manager quand on est jeune, beau, brillant et pas assez reconnu, des actionnaires qui dictent nos projets d'entreprise et nous mettent par ricochet une pression de dingue et des objectifs déraisonnés sur cette fin d'année, de mon appart qui est génial, du sien qui est une cage à lapin, de nos études, de la faim dans le monde, non je rigole on s'en fout on est des jeunes loups assoifés de sang, de pognon et de fringues fashion et là je respire enfin, je suis dans ma ville ou aucun ami n'ose s'aventurer, et pour la première fois je ne joue pas un rôle, je me plains, je doute de mes choix, "quoi non, je n'ai pas perdu la tête, quitter une super boite parisienne pour m'enterrer en province, attends c'est une super opportunité, et puis ras le bol du futile, du parisianisme, go back to roots" et blablabla, mon pote enzo qui vient de se connecter sur msn et me msnse resume bien la situation en s'adressant à moi par ce mot simple "conasse".
16h10 devant chez moi je passe une heure à vendre des fringues et refaire le monde avec mon voisin de 75 ans qui me fait la courre (oui je préfère cette orthographe, car c'est une chasse, et toi tu as juste 5 secondes d'avance, alors tu cours) gentiement.
17h15 je suis super contente de mon dimanche plein de surprise et d'avoir trouvé un copain de boisson dans ma rue.
18h10 mes deux meilleurs potes m'expliquent que c'est le mari idéal, et que clairement il ne cherche pas une copine de boisson.
19h15 je suis dégoutée, j'ai perdu un pote de boisson et un mari, il ne m'attire pas du tout avec sa bouche molle à la vincent delerm.
08h15 le lendemain; ma mère me rappelle "qu'on se marie dans sa rue", je hais ma soeur qui raconte ma vie, je hais ma vie en fait.
10h30, et bah oui je fais semblant de travailler dans mon bureau, je réalise que je suis loïs lane demandant à la mère de clark kent "mais quand est ce que je vais rencontrer un gentil garçon, je ne tombe que sur de mauvais garçons" " oh tu sais souvent il est sous tes yeux, pas loin et un jour tu le vois".
Et bah voilà je l'ai mon mari idéal, sauf qu'il ne me plait pas, je préfère les connards, je suis désesperante.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander


Commentaires