
Il y a t-il un bon Dieu pour les salopes?
Fuyant Connard depuis mes dernières douleurs osseuses et autres hématomes, je me retrouvais, l'hiver venu fort dépourvue, errant de clubs en clubs sans jamais consommer une seule friandise, si, si, anorexique je vous dis. J'etais en plein cris d'hypoglycemie, plus envie de rien surtout sans exctasy.
Quand un vendredi en fin d'après midi un sms m'annonça la soirée immanquable organisée par un ami, par l'odeur alléchée, je décidais de m'y rendre certaine que mon lapin y serait et que si je gérais bien je pourrais retrouver Olé Olé en plus. Quand un autre sms, en plein achats préparatifs pour la soirée, venant de Connard me remerciait, pour la troisième fois de mon mms du nouvel an, après le delicat mms réponse du dit soir où il etait en photo avec une jolie brune, lui qui refusait qu'on le prenne en photo, complétement naturel pour un ex mannequin... Certainement pour me prouver que lui aussi faisait quelque chose avec des gens beaux, la mienne etait mieux : moi deux hommes torses nus (je mens un sur deux, mais l'habillé etait un people) en train de manger des blinis avec une animation sonore où nous hurlions "nous on mange des blinis", faux d'ailleurs, trop calorique.)Mais c'etait mal me connaitre, je lui ai donc demandé s'il voulait bien me la preter sa jolie brune, il m'a repondu heurk, certainement pas à l'idée de me voir coucher avec elle, puis m'a invitée à venir, mais j'avais d'autre chat, enfin lapin à fouetter cette nuit là, enfin j'allais me faire fouetter et ce n'etait que le début.
Donc je le voyais venir avec ses gros sabots, son mannequin anorexique devait être partie sur un autre continent, l'appart libre et sevré de bon sexe depuis un moment, il revenait voir maman. Après les préliminaires habituels : "tu fais quoi ce soir" "pas cette boite heurk!" "Si tu veux quand tu sors tu peux me rejoindre chez moi", il était d'humeur romantique d'habitude il est plus, comment dire pragmatique, efficace :"sexe?". J'affrontais donc avec du baume au cœur un client sur son lieu de travail, les fameux achats, une boite de cire dans la main gauche, une de préservatifs dans la droite et le téléphone en oreillette, digne: main droite (préservatifs) vers main gauche pour lui serrer la main et le féliciter pour ses nouveaux aménagements, pro quoi.
Ah, l'euphorie, ce sentiment mystique, il faut le dire, que Dieu veille sur moi, moi qui m'ennuie et ai besoin de défis, de sexe, 3 hommes (ou presque) et pas assez de temps! Gloire à Dieu!
Mais retournons en arrière un instant, pour éclairer la situation, après avoir planté quinze fois Olé Olé et ma friandise, je vivais en recluse (si on omet le serveur du mix et quelques pelles à l'arrachée et pleine avec mes friandises). Je vivais dans la crainte, l'angoisse d'affronter les reproches et le jugement inéluctable de ma friandise au nouvel an, pas ceux d'Olé Olé l'avantage d'une maîtrise approximative de notre langue. Ce fut sans appel, à peine arrivée dans l'after, une clope à la main et un demi excta dans la bouche (quand je prends des bonnes résolutions je m'y tiens, j'ai de la volonté moi.) Je vis à sa tête que ça allait être ma fête, et pas celle que j'espérais, grâce à Dieu, celui des salopes qui se droguent, l'excta me permit d'appréhender la situation avec beaucoup de patience, de bienveillance et d'amour (c'est tout de même une drogue dangereuse) après 2 heures assise à me faire reprocher par une friandise mon manque de respect, de courage, mon age avancé et ma vie de traînée, je fis mon mea culpa, quasi Marie Madeleine, mystique je vous dis, il me plaisait bien ce petit torturé, qui doutait, avait peur derrière ses reproches, de se faire avoir de ne pas être à la hauteur, bah oui, c'est mon problème j'aime les mecs qui ne sont pas à la hauteur, ça me touche moi, ça flatte mon ego dépressif. Bref la soirée se terminait sans rien si ce n'est une main sur le ventre, enfin sur le collant pas sexy du tout qui remontait jusqu'au nombril, durant un coma. Enfin les 40 heures se terminait le dimanche soir au queen où cerise sur le gâteau Olé Olé plus beau que jamais et très sollicité, après m'avoir ignoré deux minutes, les plus longues de ma vie, voulait m'embrasser fougueusement.
Donc nous voilà au vendredi soir, la fameuse soirée de mon pote, décidée à être vertueuse et à conquérir, sucer (?) ma friandise j'entre habitée par la foi dans cette fameuse boite tout se déroule à merveille, il me cherche, non il me cherche vraiment le passif agressif (il doit avoir un tout petit sexe finalement) me la joue je te domine, j'aurai toujours le dernier mot mais je suis très en demande, il est mignon tellement frais et puis je suis une super actrice, Marie Madeleine, il me parle même d'amour, seul moyen selon lui pour que j'aie le dernier mot, décidément il vient de naître. Bref, il veut absolument me revoir en dehors du contexte, sexe boite et drogues, un vrai rendez-vous, un verre de vin et tout et tout, je le quitte donc en lui disant "sois un homme, invite-moi à un vrai rdv, je viendrai". Samedi soir rien, ne pressons pas ça se prépare, ça se deguste. Dimanche soir grisée je le sms pour l'informer de ma situation nocturne rien, deuxième sms "réponds-moi!" Rien, troisième sms, et là je frise la Glenn Close dans les liaisons dangereuses, puis je me reprends (retro pare-brise, pare-brise retro pense à Marie Madeleine) j'envoie un "t'es pas gentil" rien, silence radio. Le mercredi pensant qu'il est soit mort soit mort, je re sms, drôle, questionnaire à choix multiple, je n'ai pas que ça à faire non plus, enfin si mais bon; "Pourquoi ne m'as tu pas appelée pour me proposer un joli rdv? réponse A: t'es ki toi Réponse B: j'ai perdu mon T shirt en boite et il fait froid dehors Réponse C: tu es tellement fantastik que je cherche encore un rdv à la hauteur de ton talent (je l'aime bien moi celle là) réponse D: j'ai été kidnappé par des ours. Joker: je te guetterai avec impatience à la K liente où je suis sûr tu seras superbe dans ton nouveau jeans (ysl merde!)Joker bis: j'aime que les brunes. Toujours pas de réponse, la K liente arrive, rien, pas là, je commence à douter de Dieu et de sa masculinité après avoir saoulé tous mes amis avec mes doutes et mes théories tordues expliquant ce silence. Bien décidée à avoir un rapport sexuel ce soir, je traîne tout le monde, avec une autorité exemplaire, au Queen, paln de repli : Olé Olé, sauf que HORREUR MALHEUR, il n'y est pas, info prise il est en congés ARGGHHH! Sms pour lui demander où il se trouve pas de réponse, Dieu est mort avec mon petit chat.
Je quitte donc la boite dépitée, au vestiaire en tenant à la main mon traite téléphone muet je dis à mon ami DeroxatStilnoxXanaxetGiontherocks:" tu vois, il n'y a pas de Bon Dieu pour les salopes", quand un miracle se produit, il vibre, Gloire à Dieu! Olé Olé m'informe qu'il est chez lui et que je peux passer si je veux, bien sûr que je veux, enfin j'ai surtout envie de dormir en position fœtale mais bien sûr que je l'aurai mon rapport sexuel.
Je l'appelle pour les indications, émoustillée à l'idée d'entendre son bel accent espagnol, quelle surprise quand la voix, la sienne, que j'ai au téléphone me fait penser à Paola la Divine, transsexuel brésilien, arg, ça me coupe un peu mes envies mais qu'à cela ne tienne, je l'ai suffisamment soutenu le brésil, porté ses couleurs à Sitges, Mykonos, il me doit bien un bon coup de reins, merde! Arrivée chez lui, enfin chez son colloc et lui, putain je suis trop vieille pour la playstation, c'est même plus le même modèle, ni le même nom d'ailleurs, pas le temps de me poser dans le canapé, il m'appelle en cuisine, ces latins!, et me fourre sa langue violemment dans bouche, me colle à l'unique poteau rempart de ma pudeur, c'est une cuisine américaine et Chico et Roberta (le colloc est avec sa copine, d'ailleurs ça existe les Brésiliennes pas refaites et moches) semblent friands de nouveauté, bref il se frotte et me touche comme un adolescent pré pubère, c'en est presque flatteur toute cette fougue, ce désir, si ce n'est que je suis aussi sèche que ma peau lorsque je prenais du roacutan, ni une ni deux, la chambre et là Dieu existe, mais à sec.
Un second miracle que je qualifierais de malédiction se produit, il a un sexe énorme disproportionné (putain mais je tombe quand sur un sexe normal merde! De profil debout dans la pénombre il ressemble à un poney prêt pour la saillie, qui s'annonce gentillette, maladroite et après hop position foetale tête sur son épaule, on ne pourrait pas sauter l'étape sexe et dormir directement?. Au premier coup d’œil je sais plus ou moins comment un mec va me baiser, sauf que c'est sans compter l'effet que j'ai sur eux, je dois dégager un je-ne-sais-quoi de "prend moi comme une chienne vas-y saisis cette occaz unique", alors que là merde je voulais de la tendresse, si, si, un truc doux qui monte en intensité, du raffinement, de l'érotisme, un peu de préliminaires quoi! Bingo je veux dormir et je suisuis tombée sur un marathonien au sexe énorme, bon il ne se regarde pas trop baiser c'esst déjà ça. J'aime tellement quand il baise avec leur queue et que je les regarde se regarder. Je pries, mais il est où là le Dieu des salopes sèches qui veulent dormir, mais laisse la Dame tranquille Poney elle a joui, c'est super éjacule bordel de merde je frôle la vaginite! Puis je sens une claque sur mes fesses, petite, pas violente, il a dérapé, mais non ce con n'a pas dérapé, il me donne des petites claques, il kiffe en plus et là Horreur Malheur je suis Kristie Alley dans Fat Actress en plus moi aussi je suis grosse. Finalement il termine en me disant que j'en aurai encore, ah non mais là c'était bien, je dors quand moi il est 10h! Il me laisse reprendre des forces, vas parler de moi en brésilien à ses colloc, qui m'ont entendu hurler (3 heures à sec je le rappelle et un poney) mais à ce niveau là de compétition je n'ai aucune self estime, je suis la blonde livrée à domicile à 7h du mat venue pour se faire sauter à un moment il faut assumer. Donc je ne la ramène pas. Putain 13h il me réveille, il veut une pipe, super tout ce que j'adore au réveil, avoir un mec qui se contorsionne pour me mettre sa bite prêt de la tête au cas où je n'aurais pas compris le message, et vas-y que j'y vais, j'ai mal à la mâchoire, rien n'y fait, tout y passe, et on renique, à sec, et là non content de me claquer les fesses à l'occasion il pense que ça peut stimuler un clitoris, super, quoi que si ça stimule un peu en fait, bref je le termine et grand seigneur il m'éloigne au moment M pour éjaculer dans son poing fermé, oui bah c'est frustrant, c'est comme les gens qui te finisse ta cigarette alors que justement tu te la gardais cette dernière latte. Bon ça c'est fait, il est temps de mettre à profit ma longue expérience des départs, d'abord la salle de bain, lavage, relookage puis contrôle messages, Connard peut aller se faire foutre car maintenant j'ai aussi une vulvite et un déboîtement de la mâchoire, et la dernière option n'est pas envisageable il l'a cassée il y a deux mois (je suis toujours à une séance de kiné la semaine), donc retour chambre, bisou et petit câlin gentil (le respect de l'animal) ponctué par un ferme "j'y vais" et là piège numéro un il se lève pour me raccompagner (ça complique toujours, ça fait un deuxième au revoir, des numéros de tel à donner, bref ça traîne, bon là nous avons nos numéros respectifs) je le réembrasse rapidement sors et le laisse sur le pallier un peu hébété en lui faisant un signe de la main, mon sourire le plus charmant et en lui disant "bye bye!". Je suis fantastique.
Oui, sauf qu'au lit je ne suis plus fantastik du tout, à la limite du cadavre, je sais pas le coeur n'y est plus, je ne fais plus d'effort, un peu quand même, avant j'etais un vraie call girl, marathonienne, efficace, attentive, là c'est plutôt vieille pute en fin de parcours et de journée. Trop de distance et de questions existencielles, c'est vrai pendant l'acte je pensais à coucher avec ma friandise plutôt que lui, oui mais à qui vais-je donc penser quand je coucherai avec ma friandise? Il y a -t-il une fin? J'ai vecu ce rapport comme une serie un dimanche quant on est moisi, super contente d'y être mais très rapidement exaspérée, impossible de descotcher et pourtant terriblement envie que ça se termine pour enfin faire quelque chose...Bon à chaque jour suffit sa peine.
Mon biker m’a offert un fils pour mes quatorze ans.
Il est aujourd’hui grand, 14 ans pour 43 kilos, il s’appelle Luce (la jeunesse) et mesure 9 mètres, c’est un Python.
Je me souviens de son arrivée chez moi, tout petit, de ses jeux : hiberner dans le système d’évacuation d’eau de ma terrasse et ressortir à l’autre extrémité chez ma voisine ; se cacher au pied du lit de la même voisine qui aujourd’hui maudit encore mon nom ; mu (sans mauvais jeu de mots) par l’amitié toute particulière qu’il portait à Ernest mon Hamster tueur.
Ernest avait égorgé mon premier bébé, Hubert hamster abricot à poils longs borgne - suite à un séjour prolongé dans un courant d’air- bien que très aimant et d’une grande aide pour Hubert tout au long de sa vie de souffrance, lorsqu’il dû choisir entre mourir de soif ou saigner l’infirme il n’hésita pas. A ma décharge, s’ils n’avaient pas cassée pour la énième fois leur pipette ils n’auraient pas eu de l’eau dans une coupelle en faïence qui n’aurait pas eu de reflets de lumière laissant à penser qu’elle était pleine. Bon ça va hein, la découverte d’Hubert tombant, du gant de toilette dans lequel il aimait à dormir, dans ma petite main –presque- innocente, ouvert en deux dans le sens de la longueur, tout sec avec sa petite gueule béante comme adressant son dernier cri au ciel fut une punition suffisamment sévère.
Ernest était le plus malin des deux entraînant toujours mon Hubert dans ses périples dans le piano (3500 francs au total de frais de ré accordage) où au fur et à mesure du temps ils s’étaient installé un nid douillet avant qu’ils ne soient pris en flag’ sortant en courant d’en dessous lors d’un exercice particulièrement musclé. Donc Ernest se faisait la belle, il avait trouvé le moyen d’ouvrir les deux loquets qui maintenaient le couvercle de leur cage duplex, c’est dire si ces petites bêtes sont épanouies en cage. Honteux de l’odieux crime qu’il avait commis il s’enfuit la nuit du dit crime par le système d’évacuation de la terrasse. Pendant une année je l’avais imaginé s’évadant de mille manières, toutes plus improbables les unes que les autres, par les conduits pour finalement couler une vie libre et heureuse dans les verts paysages environnants. Jusqu’à ce que Luce entre dans ma vie. Tel un bras vengeur Luce sentit la présence plus qu’improbable d’Ernest un an après dans les conduits et n’eut de cesse que de vouloir les explorer, souvent le rongeur lui échappa, jusqu’au jour terrible où, acculé sur le lit de la voisine il succomba à l’étreinte mortelle de mon bébé chéri en direct live devant les rejetons fascinés de la propriétaire des lieux.
Peu de mal, pourquoi maudit-elle mon nom encore aujourd’hui ? Tout simplement parce que pendant l’année qui suivit ses charmants bambins n’eurent de cesse que de trouver un moyen d’obtenir un Python eux aussi, de guerre lasse Papa toujours en voyage d’affaire et ne craignant pas, contrairement à sa femme, les serpents leur en rapporta un. Mme X (par soucis de confidentialité) vécut dans la peur de croiser son hôte, première raison valable pour me détester. Ses têtes blondes finirent par quitter la maison sans pouvoir se « partager » leur Demon (prononcé démone en écho à mon Luce –pour Lucifer, oui je veinerais Satan et alors ?) le laissant à la bonne garde de leur mère dans leur ancienne chambre, Papa étant parti avec son assistante, Mme X. se retrouvait seule avec, à ses yeux, l'incarnation du Diable, raison valable de maudire mon nom, elle vit encore à l'heure où j'écris un calvaire.
Parce que c’est bien mignon ces petites bêtes là, d’ailleurs non, ce n’est même pas mignon, et ça ne s'alimente de petites bêtes vivantes, exclusivement, tout ce qui est mort est ignoré, enfin de petites bêtes… dans un premier temps, mais pensez-vous sérieusement qu’un Python de 9 mètres va se sustenter d’une, ou de plusieurs, pauv’ tites souris de laboratoire ?... Non, il faut des lapins, alors déjà la souris c’est pas évident à sacrifier mais le gentil lapinou…
Moi, je n’ai pas –encore ?- ce problème puisque mon Biker et moi avons opté pour une garde alternée 7 ans chez moi, 7 ans chez lui etc… Donc j’ai eu les premières années de mon bébé, nous avons dormi ensemble lui serré tout contre moi lové même autour de mon abdomen, heureux, moi maternant mon enfant tueur, non, un bonheur quotidien et une logistique gérable, mon mari quant à lui a eu les années difficiles, l’adolescence, l’agressivité (en même temps si il le nourrissait suffisamment il ne lui sauterait pas au visage) les fugues... mais il a géré ça avec brio, chéri si tu me lis, en lui construisant petit à petit un habitacle idéal et adapté à ses besoins. Car 9 mètres c’est très long, étendu c’est l’équivalent de 2 des murs (en gros) de la pièce où vous vous trouvez, alors même lové mon bébé a besoin de place et est mieux chez Papa.
Maman est une mauvaise mère mon chéri, elle n’a pas d’espace chez elle et, a vraiment envie d’avoir un Jack Russel vivant plus de 10 minutes. Tu es mieux chez Papa mon bébé, maman n’est jamais là, elle sort tout le temps, boit trop et te ramenera trop de beaux-pères hostiles et, puis tu es trop grand pour dormir avec elle, la dernière fois tu lui a presque cassé une côte, maman a cru que tu voulais la bouffer, elle le croit d’ailleurs toujours, non, mange plutôt la petite copine de papa, elle est beaucoup plus grasse que maman.
Je ne sais pas ce que je préfère, ne rien ressentir, ou ressentir ce que je ressens en ce moment?
Suppliant mon psy pour avoir des antidépresseurs (idéalement un truc anorexigène, si je pouvais faire d'une pierre deux coups...) celui ci m'a répondu par une de ses figures de style préférée: "Aux Etats-Unis dans les prisons américaines on traite les psychopathes en thérapie de groupe" Déjà j'aime pas trop comment commence votre phrase... " Oui parce que comme vous le savez [chienne narcissique manipulatrice] on peut manipuler un individu, deux, trois ou plus mais pas tout un groupe, il y a toujours quelqu'un dans le groupe qui vous perce à jour [ouais, quant on est mauvais]. Et bien à un moment ou à un autre les psychopathes craquent, souffrent et comme vous supplient [déjà je supplie pas, je demande gentiment] pour avoir des médicaments, pour être soulagés de cette douleur et savez-vous ce que les médecins leur répondent?" Bah! Crevez charogne? S’il me dit ça je me casse et je ne paye pas. "Non?" " Que cette souffrance c'est la seule chose d'humain en eux, la seule chose qui reste" Ok, crève charogne c'était bien.
Donc en gros il n'y a pas de différence entre moi et un psychopathe? En même temps c'est vrai je me sens très capable de tuer quelqu'un et de le torturer de manière rituelle, j'ai juste pas encore eu l'occaz. "Non, ce qui vous distingue d'un psychopathe c'est la culpabilité, vous ressentez encore de la culpabilité [j'aime le "encore"] et c'est une différence de taille, c'est même toute la différence". Ok, en même temps j'ai bien conscience que si je tue accidentellement quelqu'un je ne culpabiliserai pas du tout, ça sera un accident!
Je résume, je suis une chienne narcissique, nymphomane, boulimique à deux doigts de virer psychopathe, encore rattachée au monde des humains par le frêle fil de la culpabilité, culpabilité dont en parallèle je dois me séparer pour mieux vivre (tuer?) et m'épanouir en étant moi-même (une tueuse en série assoiffée de sang ?) paradoxe, paradoxes quand tu nous tiens...
Après quelques recherches sur google tout s’éclaire et je parviens à une conclusion effarante: JE SUIS UNE PSYCHOPATHE PERVERSE EN PLEINE DEPRESSION NARCISSIQUE! Le seul point positif c'est que le type pervers est celui qui est le mieux adapté à la société! C'est cool non? S’en suit une suite de révélations sur Birdie et mes amis schizophrènes, Liverpool désolée je n’ai pas vraiment eu le temps de gérer le lien avec les maniaco-dépressifs !
Birdie, Birdie, Birdie. Piou, piou, piou pour les intimes, mon ami homosexueltoxicomaneetnevrosé, j’ai tout compris de ta relation au monde et à moi en particulier, en fait je suis une version plus évoluée et beaucoup mieux foutue (même grosse !Si, si.) que toi, le stade d’après que tu envies inconsciemment, mais toi aussi mon ami tu peux devenir psychopathe, avec un peu de volonté et surtout grâce l’aide de ta nouvelle thérapie par les pierres, tu peux y arriver, une bonne améthyste scotchée sur le scrotum et on en parle plus !
Oui, Birdie va trouver le salut dans les pierres, c’est certain, avant c ‘était les jus d’herbes qui allaient sauver sa vie, avant encore la thérapie oculaire pour retrouver une cohérence cœur-cerveau, avant ce fut une thérapie corporelle pour se réconcilier avec ses hanches (il était complètement coupé de la partie inférieure de son corps, s’il n’y avait que ça…) ou encore le feng shui , les photophores, un shuffle exhaustif, Dalida, les produits bio, vivre avec des poids en permanence accrochés aux chevilles, ne plus se déplacer qu’en rollers, même pour aller au toilettes… Moi j’avais bien suggéré les journées comédie musicale (toute la journée nous ne nous exprimions qu’en chantant et chorégraphions tous nos mouvements) mais ça n’a été que peu suivi…
Birdie est un phobique, si, si, il faut le dire, un phobique social, aller chercher des cigarettes en bas est une vraie mission ( the mission of the day) qui nécessite des heures de préparation, d’angoisses, de suées et d’essayage de tenues (pour être sûr de porter la bonne, « l’inaccessible étoile » pour citer Brel) et grâce à Mr et Mrs Smith plus du tout de coiffage (d’une crête longue T&G à rasé comme Brad Pitt, d’ailleurs c’est saisissant comme ressemblance, mercredi dernier à Opéra un mec m’a appelé Angelina et ma demandé si mon « copain » pouvait lui signer un autographe, je ne lui ai rien dit dans un soucis de préserver sa quiétude, son intimité, mais c’est énorme).
Je le sens sceptique le Birdie pourtant la médecine est formelle « la peur d'être bloqué dans une situation ou un endroit sans possibilité de s'en sortir. La personne peut en venir à refuser de quitter le milieu sécurisant du domicile, sauf si elle est accompagnée par quelqu'un en qui elle a confiance. » Et encore c’est une lutte quotidienne. Les caractéristiques sont là : « beaucoup d'imagination, enfants rêveurs » il voulait être rentier, il le veut toujours, bon je lui concède les euros de mamie qui n’est pas alzeimerienne, juste dans une mauvaise passe (ou couloir ?) aident un peu à l’atteinte de son rêve. « Tendance à sous-estimer leur valeur et leurs capacités, se fixent des objectifs impossibles à atteindre » non, il n’est pas monstrueux et non, porter des poids aux chevilles 24h/24h ne te « fera pas un corps » c’est impossible.« Ont terriblement peur d'être gênées[ces personnes], de se sentir ridicules, de faire quelque chose qui donnera à penser qu'elles ne sont pas normales » ce qui n’est pas normal c’est de fondre sous son siège et de se cacher de honte lorsque le conducteur doit faire 3 manœuvres au lieu de 2 pour faire son créneau ! Par exemple.
Mais tout cela s’explique par la confiance narcissique (rien de péjoratif) qu’il a en lui-même qui a été mise en danger a plusieurs reprises dans sa vie et qui génère une réponse phobique dans les situations de séparation (Papa, Maman, Barbie, Christelle, la Pute –surnom affectueux que je donne à son ex décérébré) qui l’obligent à se reconsidérer lui-même et surtout à reconstruire son identité dont un élément s’est détaché, voire construire son identité tout court
Et ce n’est pas tout, mon analyse s’étaye, car mon Birdie est toxicomane et « l'addiction serait ce comportement qui nous mettrait à l'abri de la dépendance envers autrui. Sa survenance est favorisée par le processus de séparation/ individuation de l'adolescence, lorsque le travail de séparation s'opère mal, laissant à vif la blessure narcissique qui survient avec le développement de la conscience de soi. Prendre conscience de soi, c'est aussi découvrir ses limites, il peut en résulter une honte de soi qui favorise les conduites à risques. » Mon piou piou n’est pas sorti sorti de l’adolescence. Et oui, j’envisage de répéter tous les mots deux fois.
Remontons le temps pour mieux comprendre : « L'enfant est dépendant de ses parents. Mais cet attachement génère dans la meilleure hypothèse un sentiment de confiance dans un environnement que l'enfant découvre avec l'assurance qu'offre le sentiment de protection parentale ; et cette confiance développe la faculté d'attendre, de différer la jouissance et finalement crée une temporalité où peut prendre toute sa place le plaisir de la pensée. Lorsqu'un tel processus est mis en défaut l'enfant devient prisonnier des percepts et reste confronté à l'insatisfaction. Il développe en réaction aux objets de sensations qui le débordent et l'insécurisent, un comportement d'emprise, qui vise à rendre l'autre dépendant de soi. L'enfant s'exprime par le caprice et la plainte corporelle. Avoir des émotions, c'est alors ressentir sa dépendance envers l'autre, et le Moi de l'enfant carencé à horreur de cette dépendance. D'où aussi la contrainte à l'auto stimulation qui se développe chez lui, qui pourra prendre la forme d'une conduite addictive à l'adolescence », ça le caprice, la plainte, les conduites addictives (fièvre acheteuse incluse).
Je te reconnais bien là mon pioupiou dans cette pathologie limite (et oui tu es borderline, c’est cool non ?!) ou « le sujet oscille entre la peur de l'objet qui l'abandonnerait et la peur d'endommager lui-même l'objet de désir. C'est la position de l'adolescent pour qui la présence de la mère est source d'angoisse par les désirs qu'elle inspire, mais dont les absences deviennent source de craintes intolérables. C'est le jeune qui se sent abandonné si on ne le regarde pas, mais qui se sent persécuté si on le regarde. »
Mais si ça peut te remonter le moral mon pioupiou tu peux rendre ta mère et ton absence de père responsables de tout car « l'une des difficultés majeures vient de ce qu'adolescence le jeune et ses parents adoptent des positions dépressives : symboliquement l'adolescent fait "vieillir" ses parents, il doit détruire la relation symbolique qui l'unit à ses parents pour se fixer sur un objet de désir. » Ma question reste « est-ce que Christelle était l’objet adéquat ?
Ce qui « caractérise les pathologies limites par un manque de sécurité intérieur et de régulation de l'estime de soi, où dépression et sentiment d'omnipotence alternent, dans un contexte où le jeune n'accède pas à l'autonomie, ne parvient pas à désidéaliser les imagos parentaux, et où l'entourage refuse la séparation. Plusieurs facteurs de vulnérabilité favorisent ces pathologies limites : la rupture répétitive des liens, la précarité, la dépression maternelle, les défaillances éducatives, la satellisation du père reconnu comme mari de la mère et non dans sa fonction paternelle, les défaillances dans le travail de séparation et les défaillances narcissiques. L'effort pour rendre l'autre dépendant, pour le contrôler alterne avec des conduites d'agir et des phases dépressives."
Et voilà ce qui nous intéresse mon pioupiou, ta lueur d’espoir : « Il y a un danger d'évolution vers la psychopathie : l'affirmation mégalomaniaque vient dénier la blessure narcissique, elle oppose un déni à la souffrance vécue ; la maîtrise extrême dans les rapports aux autres abolit les émotions, l'engagement affectif, l'empathie, la référence à la culpabilité et les tendances réparatrices ; l'agir appelle une jouissance fondée sur la domination. Les dépressions se traduisent par du désinvestissement, une déréalisation et une problématique narcissique où l'individu ne se reconnaît plus dans la représentation qu'il a de lui-même. »
Mais ce n’est pas tout, car moi aussi j’ai l’espoir de rejoindre, avant toi, nos amis Laurent, Guillaume, Gérard ou Coco car : « Les dépressions narcissiques sont des dépressions résistantes qu'il faut traiter dans un cadre multidimensionnel. On observe que la décompensation d'allure délirante ou la dissociation transitoire peuvent être des pronostics favorables, même si la récidive ne peut être exclue et qu'elle porte un risque d'entrée dans la schizophrénie. »
C’est bon d’avoir enfin un but dans la vie. Allez une petite pierre au cul et en avant vers la schizophrénie !
Ca te fera 250 euros Birdie pour cette séance, tu peux les virer sur mon compte.
