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Mardi 31 janvier 2006

Il y a t-il un bon Dieu pour les salopes?
Fuyant Connard depuis mes dernières douleurs osseuses et autres hématomes, je me retrouvais, l'hiver venu fort dépourvue, errant de clubs en clubs sans jamais consommer une seule friandise, si, si, anorexique je vous dis. J'etais en plein cris d'hypoglycemie, plus envie de rien surtout sans exctasy.

 Quand un vendredi en fin d'après midi un sms m'annonça la soirée immanquable organisée par un ami, par l'odeur alléchée, je décidais de m'y rendre certaine que mon lapin y serait et que si je gérais bien je pourrais retrouver Olé Olé en plus. Quand un autre sms, en plein achats préparatifs pour la soirée, venant de Connard me remerciait, pour la troisième fois de mon mms du nouvel an, après le delicat mms réponse du dit soir où il etait en photo avec une jolie brune, lui qui refusait qu'on le prenne en photo, complétement naturel pour un ex mannequin... Certainement pour me prouver que lui aussi faisait quelque chose avec des gens beaux, la mienne etait mieux : moi deux hommes torses nus (je mens un sur deux, mais l'habillé etait un people) en train de manger des blinis avec une animation sonore où nous hurlions "nous on mange des blinis", faux d'ailleurs, trop calorique.)Mais c'etait mal me connaitre, je lui ai donc demandé s'il voulait bien me la preter sa jolie brune, il m'a repondu heurk, certainement pas à l'idée de me voir coucher avec elle, puis m'a invitée à venir, mais j'avais d'autre chat, enfin lapin à fouetter cette nuit là, enfin j'allais me faire fouetter et ce n'etait que le début.

Donc je le voyais venir avec ses gros sabots, son mannequin anorexique devait être partie sur un autre continent, l'appart libre et sevré de bon sexe depuis un moment, il revenait voir maman. Après les préliminaires habituels : "tu fais quoi ce soir" "pas cette boite heurk!" "Si tu veux quand tu sors tu peux me rejoindre chez moi", il était d'humeur romantique d'habitude il est plus, comment dire pragmatique, efficace :"sexe?". J'affrontais donc avec du baume au cœur un client sur son lieu de travail, les fameux achats, une boite de cire dans la main gauche, une de préservatifs dans la droite et le téléphone en oreillette, digne: main droite (préservatifs) vers main gauche pour lui serrer la main et le féliciter pour ses nouveaux aménagements, pro quoi.


Ah, l'euphorie, ce sentiment mystique, il faut le dire, que Dieu veille sur moi, moi qui m'ennuie et ai besoin de défis, de sexe, 3 hommes (ou presque) et pas assez de temps! Gloire à Dieu!


Mais retournons en arrière un instant, pour éclairer la situation, après avoir planté quinze fois Olé Olé et ma friandise, je vivais en recluse (si on omet le serveur du mix et quelques pelles à l'arrachée et pleine avec mes friandises). Je vivais dans la crainte, l'angoisse d'affronter les reproches et le jugement inéluctable de ma friandise au nouvel an, pas ceux d'Olé Olé l'avantage d'une maîtrise approximative de notre langue. Ce fut sans appel, à peine arrivée dans l'after, une clope à la main et un demi excta dans la bouche (quand je prends des bonnes résolutions je m'y tiens, j'ai de la volonté moi.) Je vis à sa tête que ça allait être ma fête, et pas celle que j'espérais, grâce à Dieu, celui des salopes qui se droguent, l'excta me permit d'appréhender la situation avec beaucoup de patience, de bienveillance et d'amour (c'est tout de même une drogue dangereuse) après 2 heures assise à me faire reprocher par une friandise mon manque de respect, de courage, mon age avancé et ma vie de traînée, je fis mon mea culpa, quasi Marie Madeleine, mystique je vous dis, il me plaisait bien ce petit torturé, qui doutait, avait peur derrière ses reproches, de se faire avoir de ne pas être à la hauteur, bah oui, c'est mon problème j'aime les mecs qui ne sont pas à la hauteur, ça me touche moi, ça flatte mon ego dépressif. Bref la soirée se terminait sans rien si ce n'est une main sur le ventre, enfin sur le collant pas sexy du tout qui remontait jusqu'au nombril, durant un coma. Enfin les 40 heures se terminait le dimanche soir au queen où cerise sur le gâteau Olé Olé plus beau que jamais et très sollicité, après m'avoir ignoré deux minutes, les plus longues de ma vie, voulait m'embrasser fougueusement.


Donc nous voilà au vendredi soir, la fameuse soirée de mon pote, décidée à être vertueuse et à conquérir, sucer (?) ma friandise j'entre habitée par la foi dans cette fameuse boite tout se déroule à merveille, il me cherche, non il me cherche vraiment le passif agressif (il doit avoir un tout petit sexe finalement) me la joue je te domine, j'aurai toujours le dernier mot mais je suis très en demande, il est mignon tellement frais et puis je suis une super actrice, Marie Madeleine, il me parle même d'amour, seul moyen selon lui pour que j'aie le dernier mot, décidément il vient de naître. Bref, il veut absolument me revoir en dehors du contexte, sexe boite et drogues, un vrai rendez-vous, un verre de vin et tout et tout, je le quitte donc en lui disant "sois un homme, invite-moi à un vrai rdv, je viendrai". Samedi soir rien, ne pressons pas ça se prépare, ça se deguste. Dimanche soir grisée je le sms pour l'informer de ma situation nocturne rien, deuxième sms "réponds-moi!" Rien, troisième sms, et là je frise la Glenn Close dans les liaisons dangereuses, puis je me reprends (retro pare-brise, pare-brise retro pense à Marie Madeleine) j'envoie un "t'es pas gentil" rien, silence radio. Le mercredi pensant qu'il est soit mort soit mort, je re sms, drôle, questionnaire à choix multiple, je n'ai pas que ça à faire non plus, enfin si mais bon; "Pourquoi ne m'as tu pas appelée pour me proposer un joli rdv? réponse A: t'es ki toi Réponse B: j'ai perdu mon T shirt en boite et il fait froid dehors Réponse C: tu es tellement fantastik que je cherche encore un rdv à la hauteur de ton talent (je l'aime bien moi celle là) réponse D: j'ai été kidnappé par des ours. Joker: je te guetterai avec impatience à la K liente où je suis sûr tu seras superbe dans ton nouveau jeans (ysl merde!)Joker bis: j'aime que les brunes. Toujours pas de réponse, la K liente arrive, rien, pas là, je commence à douter de Dieu et de sa masculinité après avoir saoulé tous mes amis avec mes doutes et mes théories tordues expliquant ce silence. Bien décidée à avoir un rapport sexuel ce soir, je traîne tout le monde, avec une autorité exemplaire, au Queen, paln de repli : Olé Olé, sauf que HORREUR MALHEUR, il n'y est pas, info prise il est en congés ARGGHHH! Sms pour lui demander où il se trouve pas de réponse, Dieu est mort avec mon petit chat.
Je quitte donc la boite dépitée, au vestiaire en tenant à la main mon traite téléphone muet je dis à mon ami DeroxatStilnoxXanaxetGiontherocks:" tu vois, il n'y a pas de Bon Dieu pour les salopes", quand un miracle se produit, il vibre, Gloire à Dieu! Olé Olé m'informe qu'il est chez lui et que je peux passer si je veux, bien sûr que je veux, enfin j'ai surtout envie de dormir en position fœtale mais bien sûr que je l'aurai mon rapport sexuel.
Je l'appelle pour les indications, émoustillée à l'idée d'entendre son bel accent espagnol, quelle surprise quand la voix, la sienne, que j'ai au téléphone me fait penser à Paola la Divine, transsexuel brésilien, arg, ça me coupe un peu mes envies mais qu'à cela ne tienne, je l'ai suffisamment soutenu le brésil, porté ses couleurs à Sitges, Mykonos, il me doit bien un bon coup de reins, merde! Arrivée chez lui, enfin chez son colloc et lui, putain je suis trop vieille pour la playstation, c'est même plus le même modèle, ni le même nom d'ailleurs, pas le temps de me poser dans le canapé, il m'appelle en cuisine, ces latins!, et me fourre sa langue violemment dans bouche, me colle à l'unique poteau rempart de ma pudeur, c'est une cuisine américaine et Chico et Roberta (le colloc est avec sa copine, d'ailleurs ça existe les Brésiliennes pas refaites et moches) semblent friands de nouveauté, bref il se frotte et me touche comme un adolescent pré pubère, c'en est presque flatteur toute cette fougue, ce désir, si ce n'est que je suis aussi sèche que ma peau lorsque je prenais du roacutan, ni une ni deux, la chambre et là Dieu existe, mais à sec.
Un second miracle que je qualifierais de malédiction se produit,  il a un sexe énorme disproportionné (putain mais je tombe quand sur un sexe normal merde! De profil debout dans la pénombre il ressemble à un poney prêt pour la saillie, qui s'annonce gentillette, maladroite et après hop position foetale tête sur son épaule, on ne pourrait pas sauter l'étape sexe et dormir directement?. Au premier coup d’œil je sais plus ou moins comment un mec va me baiser, sauf que c'est sans compter l'effet que j'ai sur eux, je dois dégager un je-ne-sais-quoi de "prend moi comme une chienne vas-y saisis cette occaz unique", alors que là merde je voulais de la tendresse, si, si, un truc doux qui monte en intensité, du raffinement, de l'érotisme, un peu de préliminaires quoi! Bingo je veux dormir et je suisuis tombée sur un marathonien au sexe énorme, bon il ne se regarde pas trop baiser c'esst déjà ça.  J'aime tellement quand il baise avec leur queue et que je les regarde se regarder. Je pries, mais il est où là le Dieu des salopes sèches qui veulent dormir, mais laisse la Dame tranquille Poney elle a joui, c'est super éjacule bordel de merde je frôle la vaginite! Puis je sens une claque sur mes fesses, petite, pas violente, il a dérapé, mais non ce con n'a pas dérapé, il me donne des petites claques, il kiffe en plus et là Horreur Malheur je suis Kristie Alley dans Fat Actress en plus moi aussi je suis grosse. Finalement il termine en me disant que j'en aurai encore, ah non mais là c'était bien, je dors quand moi il est 10h! Il me laisse reprendre des forces, vas parler de moi en brésilien à ses colloc, qui m'ont entendu hurler (3 heures à sec je le rappelle et un poney) mais à ce niveau là de compétition je n'ai aucune self estime, je suis la blonde livrée à domicile à 7h du mat venue pour se faire sauter à un moment il faut assumer. Donc je ne la ramène pas. Putain 13h il me réveille, il veut une pipe, super tout ce que j'adore au réveil, avoir un mec qui se contorsionne pour me mettre sa bite prêt de la tête au cas où je n'aurais pas compris le message, et vas-y que j'y vais, j'ai mal à la mâchoire, rien n'y fait, tout y passe, et on renique, à sec, et là non content de me claquer les fesses à l'occasion il pense que ça peut stimuler un clitoris, super, quoi que si ça stimule un peu en fait, bref je le termine et grand seigneur il m'éloigne au moment M pour éjaculer dans son poing fermé, oui bah c'est frustrant, c'est comme les gens qui te finisse ta cigarette alors que justement tu te la gardais cette dernière latte. Bon ça c'est fait, il est temps de mettre à profit ma longue expérience des départs, d'abord la salle de bain, lavage, relookage puis contrôle messages, Connard peut aller se faire foutre car maintenant j'ai aussi une vulvite et un déboîtement de la mâchoire, et la dernière option n'est pas envisageable il l'a cassée il y a deux mois (je suis toujours à une séance de kiné la semaine), donc retour chambre, bisou et petit câlin gentil (le respect de l'animal) ponctué par un ferme "j'y vais" et là piège numéro un il se lève pour me raccompagner (ça complique toujours, ça fait un deuxième au revoir, des numéros de tel à donner, bref ça traîne, bon là nous avons nos numéros respectifs) je le réembrasse rapidement sors et le laisse sur le pallier un peu hébété en lui faisant un signe de la main, mon sourire le plus charmant et en lui disant "bye bye!". Je suis fantastique.

Oui, sauf qu'au lit je ne suis plus fantastik du tout, à la limite du cadavre, je sais pas le coeur n'y est plus, je ne fais plus d'effort, un peu quand même, avant j'etais un vraie call girl, marathonienne, efficace, attentive, là c'est plutôt vieille pute en fin de parcours et de journée. Trop de distance et de questions existencielles, c'est vrai pendant l'acte je pensais à coucher avec ma friandise plutôt que lui, oui mais à qui vais-je donc penser quand je coucherai avec ma friandise? Il y a -t-il une fin? J'ai vecu ce rapport comme une serie un dimanche quant on est moisi, super contente d'y être mais très rapidement exaspérée, impossible de descotcher et pourtant terriblement envie que ça se termine pour enfin faire quelque chose...Bon à chaque jour suffit sa peine.

 

par centvingt publié dans : centvingt
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