Aussitôt après le coït on entend rire le diable.
Et bien samedi il a du bien se marrer.
Partie pour une soirée avec mon ami Prozac, enfin partie pour rejoindre mon amie Prozac sur Paris n'ayant plus de nouvelles de lui depuis 19h, heure à laquelle il me suggérait une tenue de pouffiasse pour sortir « comme d’habitudes », attends il y a 15 jours ok la mini jupe-debardeur tenue de pouffiasse mais il n’était même pas là, sinon je suis en ma sorcière bien aimée complètement surannée ! Passons. Culpabilisante et mue par un sentiment chrétien, si, si, Marie Madeleine, je décidais d'appeler Connard pour boire un verre avec lui avant la boite. Enfin pas vraiment, je reprends.
Dimanche dernier sur msn mon ami la nouvelle star gay de Bali me relance pour son book, Connard étant booker. Au même moment, le dit Connard se connecte, normal, paranormal? Je saisis l'occasion et chat avec lui, il me reproche mon silence radio et le met, tout naturellement, sur le compte d'une histoire avec un mec, c'est dingue comme les hommes ne se remettent jamais en question (ou juste Connard?) Ça ne l'a pas effleuré un instant que je ne veuille plus le voir, juste parce que justement je ne voulais plus le voir lui et pas parce que j'en voyais un autre? Bref (Javel Net) je me retrouve prise au piège d'une "soirée tranquille" (puisque convalescente cf. je paye par où j'ai péché) entendez : dvd-pizza-sodomie. Je m'engage à le rappeler le vendredi suivant, bien sûr je veux aider mon ami, mais je n'ai pas envie de coucher pour qu'il réussisse, je ne couche déjà pas pour ma propre réussite, tiens d'ailleurs pourquoi je couche en fait? Pour le plaisir? Pas vraiment au rendez-vous ces derniers temps. Pour mes amis en fait, je couche pour mes amis, Petit Poney, parce que je ne pouvais pas ne pas coucher avec lui, je devais le faire si ce n'était pour moi pour eux, et pour ma friandise pareil, oui donc en fait il y a une certaine cohérence, je pourrais re-coucher avec Connard pour un ami. Mais non, vraiment pas le courage, ni l'envie, il ne me plait plus du tout il en est même à la limite de me dégoûter avec ses plans de vieux, ça te baise comme une chienne mais en rentrant chez lui son premier geste est d'enfiler ses pantoufles, excuse-moi je suis dans la pièce! Et puis me faire baiser par un adolescent (prélimaires= dvd-pizza) autant oui ok je ne suis que moyennement cohérente en me choisissant des adolescents justement, mais non finalement je le suis, car la friandise est impressionnée, elle veut bien faire, être à la hauteur, elle y met tout son cœur alors que Connard il baise avec sa bite, je suis accessoire. Donc non, je le plante tardivement le vendredi et lâchement par texto, en me rachetant en lui proposant un verre le lendemain soir avant ma soirée, verre qui n'impliquera pas un rapport sexuel quasi obligatoire, c'était sans compter Prozac et le Diable qui rit.
Arrivée sur Paris j'arrive enfin à joindre Prozac qui me plante comme une merde parce que justement le Diable et en train de rire. Je suis seule comme un panda, personne ne sort. Je rejoins donc mon Connard en me disant que je suis dans un lieu public, loin de chez lui et qu'après mon verre je rentre.
Trois vodkas orange plus tard je cherche en boite de la drogue désespérément, ah! Oui merde vacances scolaires tous les dealers sont avec leurs mômes, des gens bien ces dealers. Après mon escapade solitaire, Connard me récupère devant la boite et me propose d'aller chez lui, j'ai mon libre arbitre merde, je peux répondre non, je suis naze, j'ai de la route blablabla, mon maillot n'est que moyennement fait, bah! Non je dis ok je te suis, à chaque feu rouge je tente de lui dire en fait je suis naze blablabla, ou je viens d'avoir mes règles blablabla et puis finalement je me dis que je peux juste boire un verre chez lui, et lui dire que je suis naze, blablabla, et que je rentre. Mais bien sûr.
Arrivée chez lui enfilage de pantoufles suivi d'enfilage de moi et là, étonnement j'ai ENVIE!
Moi qui depuis Petit Poney n'avais eu envie que d'une fille avec une perruque, d'un poteau, d'ecstasy, d'un hachis Parmentier et de Carmen (mon bras de massage électrique) j'ai ENVIE!
Mais tout tourne très rapidement au drame. Pourtant cela commençait si bien, en plein show d'actrice porno je donnais le meilleur de moi même et avais récupéré mon schwing ,enfin je n'étais plus un mauvais coup, mais un coup terrible, active, confiante, fougueuse, je prenais même du plaisir. Tout était fantastique au point que Connard ne baisait pas avec sa bite mais avec moi.
Et puis ce fut le drame, très rapidement, il ne me baisait plus, il me faisait l'amour, avec des positions indécentes qui impliquaient de l'intimité, l'avantage de la levrette ou autre missionnaire, c'est la distance entre les corps, le seul contact étant la pénétration et moi ça me va très bien, lui aussi ça lui allait très bien, mais là il me touchait, collait nos corps, il m'embrassait à pleine bouche et s'intéresse à mon plaisir, le pire c'est que j'ai adoré ça, la meilleure baise avec lui et depuis un bout de temps pour moi.
L'orgasme c'est pire que l'ecstasy.
Le Diable rit, rit et rit encore.
De moi, bien sûr qui toute emportée par ce plaisir charnel commençais à ressentir des choses alarmantes, la folie, des sentiments. Je ne voulais même plus m'habiller et partir, j'étais bien dans ce lit avec lui à mes côtes. Je commençais à divaguer, j'étais béate, heureuse, pleine d'espoir, Mais qu'est ce que j'étais en train de faire?! Ma Carrie Bradshaw ça c'est sûr, je me disais que finalement c'était peut être lui mon Big, aussi tordue que l'idée puisse sembler (je suis un peu tordue aussi), qu'après tout pourquoi pas, qu'est ce que j'en savais moi de ce que l'avenir me réservait? Carrie aussi avait été de désillusions en parties de jambes en l'air sans lendemain, et Big aussi avait eu un mannequin dans sa vie, alors pourquoi être fermée à l'idée que peut être il y aurait une happy end avec Connard?
Mais parce que Connard est un Connard avec un grand C et qu'il est parfait un jour et à vomir le lendemain, qu'il réveille en moi les pires instincts, non, nos fins ne sont pas happy, mais terribles et même pour moi qui gagne toujours.
J'essayais de reprendre mes esprits en pensant à demain, au réveil, défaite, je déchanterai devant son indifférence et son oeil rivé sur sa montre qui me hurlerait au visage "Bon tu te casses oui j'ai un planning chargé!" Ou bien ses conversations téléphoniques avec des voies féminines leur donnant des rdv et leur disant que non il ne faisait rien, qu'il était chez lui tranquille (seul quoi!).
Mais pas du tout, défaite, je l'étais mon brushing extra plat était devenu une coupe entre Blondie et Bob Marley, mais elle n'était pas si mal cette coupe, des filles claquent 200 Euros chez T&G pour le même résultat, et puis j'étais un peu défraîchie mais touchante. Et lui était sous le charme, attentionné il est sorti pour récupérer son micro-ondes pour ne pas que nous soyons dérangés (en même temps il a p'tet honte de mes cheveux et me cache aux yeux du monde, c'est une possibilité) il part, laissant son i-book ouvert, connecté devant moi, et il le voit, lui qui ne laissait jamais son portable posé sur une table sans l'avoir verrouillé auparavant. Parti depuis 2 minutes il m'appelle, il reprend ses esprits et va me dire de dégager, du tout, il me demande quelle pâtisserie me ferait plaisir. C'est de la cruauté mentale, du pain je ne suis pas compliquée, non je suis surtout au régime.
Une seconde, il manque quelque chose, il est 13h30, il est sorti du lit une demi-heure avant moi, s'est douché et habillé et est sorti chercher une micro ondes et le petit dej. Mais il est où mon réveil contraint, contrainte de sucer son érection matinale? Il ne bande plus je ne vois que ça, il a vu mes cheveux et il a debandé.
Il remonte, charmant, s'installe dans le canapé à mes côtés prêt à discuter, et il discute, me parle de tout, avec plaisir, ne regarde pas sa montre, mais le téléphone sonne, ah! La voilà la salope le nichons aux aguets qui pointe son nez, je l'entends sa voix téléphone rose, en plus elle a la vulgarité d'avoir une voix intelligente, je le sens ma gifle virtuelle quand il va changer de pièce pour lui parler, puis d'attitude pour me jeter sur le trottoir, à la suivante! Mais non, il décroche devant moi, reste dans la pièce et lui demande immédiatement s'il peut la rappeler plus tard, il papote là, (c'est l'expression exacte qu'il a utilisée), la fille semble déçue (bien fait connasse!) insiste mais il est ferme, gentil mais ferme, JE SUIS SA FAVORITE! YES!
Nous discutons, il fait des projets de week end, et je suis dedans. Je fuis, traumatisée, pas habituée, sous le choc, je n'ai plus aucun repère, tout m'échappe. Je ressens des choses terrifiantes, de la joie je crois, mêlée à de l'espoir, je me dégoûte. Que se passe-t-il? Ferais-je partie de l'espèce affligeante qui ne rêve que d'un prince charmant, un crapaud bien intentionné faisant l'affaire, et qui derrière des allures de traînée cherche le grand amour et fond à la première attention?
Bref suis-je une fille?
Le Diable en rit encore.

